Jean-Christophe et Katia Lafaille

Déjà 1 an !
La mort de Jean-Christophe Lafaille, qui était un très grand alpiniste !
Cette semaine j'ai entendu sa femme Katia parler à la radio. Elle a parlé de son mari, sa souffrance, son absence...j'ai été très touchée.
Voici le titre de son livre "Sans Lui"

Jean-Christophe, avec sa célébrité n’aurait eu aucun mal à trouver un éditeur, pourtant il nous avait choisis. Il était venu en voisin et avec benoît Heimermann son co-auteur. Nous nous sommes parfaitement entendus.
Le souvenir que nous garderons de lui est celui d’une extrême gentillesse. Comment quelqu’un d’aussi doux et chaleureux pouvait-il avoir choisi comme lieu d’expression un univers aussi dur et aussi froid ? Par exigence tout simplement, une exigence d’artiste, sensibilité. Comme il le dit dans Prisonnier de l’Annapurna : « Quand on aime la montagne, on accepte qu’elle soit la maîtresse des règles ». Je vois dans cette phrase en plus de l’amour, de la galanterie.
« J’ai perdu ma vie par délicatesse » écrivait Rimbaud. C’était peut-être trop de délicatesse d’apprivoiser l’hiver au Makalu, seul, tout seul, dans le froid et le vent de ses 8500 mètres.
Nous nous joignons à la tristesse de sa femme Katia, et de leurs enfants.
Après avoir vaincu 11 des 14 sommets de plus de 8000 mètres, Jean-Christophe Lafaille s’est lancé depuis la mi-décembre 2005 dans l’ascension du Makalu (8 481 mètres) en hivernale, en solitaire, sans oxygène et en technique alpine c’est-à-dire sans équipement préalable de la voie en cordes fixes et échelles et sans camps intermédiaires lourds, avec une trentaine de kilos de matériel jusqu’à 7 400 mètres).
Une première tout à fait dans la lignée de sa conquête du Sishapangma (8046 m), conclue dans de semblables conditions en décembre 2004. Mais cette fois, il est encore plus seul au fin fond de la vallée du Barum, qui, même située à proximité de l’Everest et du Lhoste, est l’une des plus isolées et l’une des plus hostiles du Népal.
Malheureusement, depuis le début de son expédition, les conditions météorologiques sont très difficiles. Le 24 janvier, il profite d’un créneau météorologique favorable, et quitte son camp de base. L’ascension terminale ne devait durer que deux jours. La dernière communication date du jeudi 26 janvier, alors qu’il se trouvait à 7 600 mètres, à la veille de l’assaut final. Il devait gagner le sommet vendredi. Le contact prévu au terme de cette tentative n’a pas eu lieu. Ses proches ont tout d’abord pensé que son silence était dû à une panne technique de transmission. Les batteries de ses appareils étant très basse lors du dernier contact. Mais, les conditions météorologiques font dès ce moment là craindre le pire : il fait moins trente degré, et avec ce froid et l’altitude, il est très difficile de se reposer.
Le dimanche 29 janvier, toujours sans nouvelle , Jean Christophe Lafaille est porté disparu.
« À ces altitudes où l’organisme s’épuise à simplement essayer de survivre, le moindre retard prend les couleurs du drame. Jean-Christophe aurait dû redescendre sans tarder et dormir au camp de base samedi matin. De là, il aurait pu appeler grâce au second téléphone satellite qu’il y avait laissé. Au lieu de cela, rien, le silence et sa cruelle signification, si difficile à accepter… »
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