Le droit à l'avortement

L'avortement se définit comme l'interruption avant son terme du processus de gestation, c'est-à-dire le développement qui commence à la conception, par la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde formant ainsi un œuf, se poursuit par la croissance de l'embryon, puis du fœtus, et qui s'achève normalement à terme par la naissance d'un nouvel individu de l'espèce.

On parle d'avortement pour toutes les espèces vivantes. Par extension, le terme est également utilisé par métaphore pour désigner l'échec d'un processus de développement quelconque, sans rapport avec la procréation (avortement d'une greffe, d'un projet).
L'avortement chez l'être humain est un phénomène à la fois physiologique (il concerne la femme qui porte l'embryon et l'embryon ou le fœtus lui-même) et social (il concerne la famille et l'ensemble de la société, y compris ses valeurs morales). À ce titre, il n'y a rien d'étonnant qu'il soit sujet à controverse tant du point de vue juridique que religieux et moral. Le débat est spécialement vif, car ce qui constitue l'un des pires crimes pour les uns (meurtre d'un être innocent et sans défense) représente un droit pour les autres (libre disposition de son corps, pour la femme).
Luc Boltanski note que, bien que l'avortement soit presque toujours réprouvé, toutes les sociétés ont développé et pratiquent des techniques abortives, le plus souvent en secret. L'avortement (ou l'infanticide du nouveau-né par "accident" simulé) apparaît en effet parfois comme une réponse "simple" ou "décente" à des grossesses hors mariage ou non désirées pour d'autres motifs.
- Mortalité dues à l'avortement
La pression légale et souvent sociale (y compris à cause de considérations d'éthique religieuse) pousse de nombreuses femmes à se cacher pour avorter. Ces avortement sont généralement réalisés dans des conditions sanitaires médiocres. Ces avortements clandestinssont la cause de complications graves et même d'une forte mortalité féminine dans de nombreux pays où l'avortement est condamnté.A ce titre, l'éthique associée à l'avortement est également un problème de santé publique.
Cependant, cette mortalité reste bien entendu inférieure au nombre d'avortements pratiqués: le problème éthique étant la défense de la dignité de l'être humain des l'instant de la conception, la comparaison du nombre des victimes n'est pas nécessairement un argument pertinent de ce point de vue.
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