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Jeudi 27 septembre 2007
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J'ai vu ce film il y a quelques jours, et je trouve important de la faire connaître. Mon avis, très touchant, des souffrances à fleur de peau. Un paradoxe entre AMOUR et HAINE

Le livre de Jérémie,
adapté du remarquable roman autobiographique de JT Leroy, auteur culte et à succès, est l’histoire d’une enfance déchirée, vue par les yeux d’un petit garçon, Jérémie, et de sa mère, Sarah, jeune femme impulsive, insatiable et profondément perdue qui se prostitue pour des routiers sur des aires d’autoroute dans le Sud des Etats-Unis. On suit Jérémie ballotté entre ses parents adoptifs, ses grands-parents chrétiens fondamentalistes et une vie d’errance sur la route avec Sarah, au fil des aires d’autoroute, des taudis, des motels miteux et des clubs de strip-tease fréquentés par une faune louche de prédateurs, de junkies et de criminels.

Sans cesse soumis à des environnements nouveaux et dangereux, à une succession de substituts de pères minables et à la descente de sa mère dans une folie nourrie de drogue, Jérémie est plongé de force dans un combat désespéré pour survivre et grandir. Sa force et sa résistance face à l’adversité et au malheur deviennent le cœur de l’histoire. Et l’on voit que malgré tout ce qu’il subit, Jérémie réussit à conserver sa pureté et sa naïveté dans la façon magique dont il voit et transforme son univers.
par Marie publié dans : Le livre et le film
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Vendredi 16 mars 2007

Voici une histoire qui m'a beaucoup marqué.

Comment un humain peut'il à ce point mentir ?

Peut-on arrêter l'engrenage d'un mensonge ?


Jean-Claude Romand, condamné le 2 juillet 1996 à la
réclusion criminelle à perpétuité a tué en janvier 1993 son épouse, ses deux enfants, ses parents et son chien avant de manquer son suicide en mettant le feu à la maison familiale.

Faux médecin et faux chercheur à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Romand avait menti pendant 18 ans à ses amis et à toute sa famille. Il avait réussi à extorquer, en plusieurs fois, plus de 2,5 millions de francs à sa belle famille et à ses propres parents. C'est au moment où il allait être découvert par un créancier qu'il a commis ce quintuple crime.


Son enfance :

Les Romand étaient issus d'une famille de forestiers jurassiens, établis depuis plusieurs générations dans le bourg de Clairvaux-les-Lacs. Un père droit, carré, travailleur et une mère fragile à qui il ne fallait causer aucun souci pour ne pas la rendre malade.

Jean-Claude Romand était un enfant unique sage, calme et sans histoire. Très bon élève, il avait un an d'avance et lisait beaucoup. Il grandit dans le silence, se confiant seulement à son chien et mentant aux adultes pour ne pas les inquiéter. Il fut ce garçon modèle que ses parents espéraient.

Interne au lycée de Lons-le-Saunier, c'était un adolescent solitaire, mauvais en sport et peu sociable. Il décrocha 16 au bac de philo dont le sujet était " La vérité existe-t-elle ? ".

Jean-Claude intégra en 1971 une classe préparatoire d'agronomie au lycée réputé du Parc à Lyon, pour préparer l'école des Eaux et forêts mais il abandonna au 1er trimestre. C'était son premier échec et son premier petit mensonge. N'ayant pas pu avouer son renoncement à ses parents, il leur dit qu'il ne se sentait pas assez solide du point de vue de la santé, alors que c'était sur un plan psychique que ça n'allait pas.


La faculté de médecine

Après le baccalauréat, Jean-Claude Romand fit médecine. Un jour - que son réveil n'ait pas sonné ou qu'il n'ait pas voulu l'entendre - il se lève trop tard pour se rendre à un examen de fin d'année.

Alors qu'il ne lui manquait que quelques points pour être admis, il ne va pas davantage à la session de septembre et proclame pourtant partout qu'il a réussi. C'est son premier gros mensonge. Trois semaines se sont écoulées entre le jour de l'examen et l'annonce de son résultat. Il pouvait encore avouer qu'il avait menti. Bien sûr, c'était difficile pour ce jeune homme sérieux à qui il devait coûter plus que tout de reconnaître une grosse bêtise. Romand ne revient pas sur son mensonge. Ses parents le croient couronné de succès. Il ne dément pas. Etrangement, aucun de ses camarades ne remarquera que son nom est absent des listes d'admission.

Jean-Claude se cloîtra dans son studio. Il y passa le premier trimestre, sans aller à la fac, sans voir personne. Il relit cinquante fois le même journal, mange du cassoulet froid, grossit de vingt kilos. Ce n'est que peu avant Noël (signe que Romand devait être peu populaire) qu'un copain, Luc, le découvre dans ses détritus. Romand commet alors son second mensonge: il annonce à son ami qu'il a un cancer.

Entre 1975 et 1986, Jean-Claude Romand se réinscrivit douze fois en seconde année de médecine. "J'étais moi-même étonné que ce soit possible", dira-t-il. Ce n'est qu'en 1986 lorsqu'une nouvelle chef de service découvre l'étudiant fantôme et lui demande des comptes qu'il disparaît. Jusque-là, il a bluffé ses amis en déployant la même énergie que s'il avait réellement étudié la médecine, se procurant les polycopiés, prêtant ses notes à ses camarades. Au total, il a bouclé un cycle complet d'études, au détail près qu'il ne passait pas les examens. Ces jours-là, il se présentait dans le hall d'entrée de la fac et à la sortie, comptant sur le stress des autres étudiants pour se faire oublier de tous.

Soi-disant reçu au concours de l'internat de Paris, il annonça à ses parents qu'il était nommé chargé de recherche à l'INSERM de Lyon, puis détaché avec le titre de maître de recherche auprès de l'OMS à Genève.


Le père de famille

Son second mensonge, l'annonce de son cancer, a valu à Jean-Claude de s'attacher enfin la femme qui, jusqu'alors, se refusait obstinément à lui : Florence, une cousine éloignée, qu'il voyait parfois dans les fêtes de famille. Elle était à ses cotés à l'université de médecine puis ayant raté l'examen de 2e année, s'était rabattue sur la pharmacie.

Il avait choisi le lymphome, maladie capricieuse qui pouvait lui permettre d'alterner des périodes de rémission et surtout de rechute sans trop éveiller l'attention. Lorsqu'il était inquiet d'être démasqué, Romand court-circuitait toute question en se plaignant de douleurs épouvantables, suscitant la compassion.

Pendant leurs études, Jean-Claude et Florence avaient l'habitude de bachoter ensemble et de se soumettre mutuellement à des examens blancs. Elle lui faisait réviser ses questions d'internat et lui son programme de pharmacie.

Ils se sont mariés. Caroline est née le 14 mai 1985 et Antoine le 2 février 1987. Jean-Claude Romand ramène pour la naissance de ses enfants de magnifiques cadeaux "offerts" par ses patrons de l'OMS et de l'INSERM, qui par la suite n'ont pas oublié les anniversaires. Florence, sans les connaître, leur écrivait des lettres de remerciement qu'il se chargeait de transmettre.

La famille, incluant parents et beaux-parents, constituait le centre de sa vie. Jean-Claude Romand dit qu'il était un faux médecin mais un vrai mari et un vrai père, qu'il aimait de tout son cœur sa femme et ses enfants.

Sa femme, du moins au début de leur mariage, ne se doutait de rien, Jean-Claude était un homme " très cloisonné ", disait-elle. Sous ce prétexte si banal, il n'a jamais invité ses collègues de l'OMS à la maison. C'était ce qu'elle appelait le " côté ours " de son Jean-Claude: "Un de ces jours, je vais apprendre que mon mari est un espion de l'Est."

 

Le chercheur de l'OMS

Comment Jean-Claude Romand se débrouillait-il pour camoufler qu'il n'était pas médecin? Il se refusait à soigner sa famille, comme beaucoup de vrais thérapeutes. Il ne soignait personne d'ailleurs puisqu'il s'était forgé une identité de chercheur.

Ceux qui le connaissaient peu auraient dit qu'il avait un poste important à l'OMS et voyageait beaucoup, ceux qui le connaissaient bien auraient ajouté que ses recherches portaient sur l'artériosclérose, qu'il donnait des cours à la Faculté de Dijon, qu'il avait des contacts avec de hauts responsables politiques comme Laurent Fabius - mais lui-même n'en parlait jamais et, si on évoquait devant lui ces relations flatteuses, en paraissait plutôt gêné. Il se dit également ami de Bernard Koucher et son cancer est soigné par le professeur Schwarzenberg.

Il avait aussi un tampon et des cartes de visite au nom du docteur Jean-Claude Romand, ancien interne des Hôpitaux de Paris.

Il entrait dans le bâtiment de l'OMS avec un badge de visiteur, circulait en habitué de la bibliothèque où il raflait tout ce qui était imprimé et gratuit. Sa maison débordait de paperasses portant l'en-tête de l'organisation. Il usait de tous les services qu'offre celle-ci - poste, banque, agence de voyages.

Toute épouse appelle son mari à son travail. Pour éviter que Florence ne le fasse, Jean-Claude Romand lui avait expliqué qu'il était inatteignable. Seul moyen pour elle de le joindre: contacter une boîte vocale sur laquelle elle devait laisser un chiffre de 1 à 9 selon le degré d'urgence de l'appel. Jean-Claude Romand, relié à un bip, se débrouillait alors pour la rappeler d'une cabine téléphonique dans la région où il errait.

A ses parents, il avait envoyé une carte postale représentant l'OMS et sur laquelle il avait dessiné une croix censée représenter son bureau. Sa belle-mère se rappelle qu'un dimanche où toute la famille était allée en Suisse, les enfants ont voulu voir le bureau de papa et il a consenti au détour. Ils se sont garés sur le parking, il a montré du doigt la fenêtre. L'histoire s'arrête là.

Puisqu'il se disait haut responsable, Jean-Claude Romand était forcément censé voyager beaucoup. Régulièrement, il annonçait à sa femme qu'il devait s'absenter. Mais son périple s'arrêtait à l'aéroport de Genève-Cointrin. Là, il se terrait quelques jours dans une chambre d'hôtel cloué devant sa télévision. Il étudiait le guide touristique du pays dans lequel il s'était prétendument rendu. Lorsque son "voyage" était terminé, il se rendait dans une des boutiques de l'aéroport, y achetait des cadeaux exotiques dont il couvrait sa famille. On lui faisait fête, il était fatigué à cause du décalage horaire.

 

L'engrenage financier

L'édifice aurait pu tenir ainsi des années, s'il n'avait pas été question d'argent. Entretenu par ses parents qui lui avait acheté un studio à Lyon et une voiture, l'heure de vérité aurait dû sonner quand il est entré dans la vie active. Mais rien ne s'est passé, il a continué à puiser dans les comptes bancaires de ses parents sur lesquels il avait une procuration. Il considérait leur bien comme le sien et eux l'y encourageaient, ne s'étonnant pas de ces ponctions régulières opérées par un fils qui pourtant gagnait bien sa vie. En quittant Lyon, il a vendu le studio et a gardé l'argent.

Une fois à l'OMS , il a dit ou laissé entendre que son statut de fonctionnaire international lui ouvrait droit à des placements extrêmement avantageux dont il pouvait faire bénéficier sa famille. Jouissant d'une aura d'homme raisonnable, Romand convainquait alors sans peine son entourage de lui confier des économies à "placer" dans les banques suisses. Ses parents dans un premier temps, puis son oncle, son beau-père.

Ses principaux actionnaires n'ont jamais vu un document bancaire témoignant du dépôt du capital ou du cumul des intérêt mais avait une entière confiance en Jean-Claude, persuadés que leur argent travaillait tranquillement sur un compte en Suisse.

Les choses se sont gâtées le jour où son beau-père a voulu retirer une partie du capital. Quelques semaines après alors qu'il était seul chez lui avec Jean-Claude, cet homme a fait une chute mortelle dans l'escalier de sa maison. Sa culpabilité dans cet acccident n'a jamais pu être prouvée mais ce qui est sûr c'est que la mort de son beau-père a été pour lui providentielle. Non seulement il n'était plus question de toucher aux sommes placées en Suisse mais de plus sa belle-mère vendit sa maison devenue trop grande, lui confiant le produit de la vente

Il a par la suite, vendu un faux médicament à base de cellule fraîches d'embryons récupérés dans une clinique sur lequel il conduisait une prétendue recherche à l'OMS. Il a ainsi pu dépouiller tous ses proches de sommes qui lui ont permis de mener le train de vie d'un médecin de l'OMS: BMW, école privée, villa.

Mais au bout de sept ans de mariage et de dix-huit ans de mensonges, Romand a commencé d''avoir des découverts. Sa mégalomanie galopante l'a amené à inventer des menteries toujours plus grotesques, à dépenser toujours plus d'argent. A cette situation explosive s'est ajoutée une maîtresse qui, comme Florence autrefois, se refusait à lui. Sur la dernière semaine de sa vie, il semble de surcroît que l'épouse de l'imposteur ait soudainement exprimé certains doutes. L'a-t-elle interrogé? Voire même démasqué? Jean-Claude Romand ne s'en est jamais ouvert.

 

La folie meurtrière

Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand est venu déjeuner chez ses parents. Après le repas, Jean-Claude a parlé d'une fuite dans une chambre du haut. Son père s'est penché vers la tuyauterie et le fils l'a abattu d'une balle de 22 long rifle dans le dos. Puis il a appelé sa mère. Elle est montée. Avant qu'il ne tire à nouveau, elle a eu le temps de lui demander: "Jean-Claude, qu'est-ce qu'il t'arrive?".

Quelques heures plus tôt, il avait abattu sa femme puis ses deux enfants après leur avoir proposé de regarder une cassette des "Trois petits cochons" dans leur villa de Prévessin à quelques kilomètres de Genève.

Après avoir tué tous ses proches - parce qu'il ne pouvait supporter leur regard - Jean-Claude Romand a mis le feu à sa maison puis a avalé des barbituriques. Mais ceux-ci étaient périmés. C'est ainsi que le faux médecin a échappé à la mort. A compter de cette date, il s'est dit "condamné à vivre".

 

Le procès

C'est le procès d'une double-vie, qui s'est ouvert à Bourg-en-Bresse. Pendant plus de 15 ans, Jean-Claude Romand s'est inventé une carrière de médecin. Il a dû répondre d'un quintuple assassinat.

La cour d'assises de l'Ain l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

L'avocat général Jean-Olivier Viout avait requis cette peine contre Jean-Claude Romand, coupable de " crimes commis en pleine connaissance de cause pour le mobile le plus sordide, celui de l'argent ". Cette peine, il la souhaitait assortie d'une période de sûreté de 30 ans, mais il avait laissé " à la conscience " de la cour d'assises le soin de la réduire, si elle estimait devoir tenir compte de la personnalité " narcissique " de Jean-Claude Romand.

Pendant les quatre heures d'un réquisitoire impitoyable et tout au long des explications de ses deux défenseurs, l'accusé est restré prostré sur son banc. Il ne s'est relevé qu'à l'issue des débats pour " demander pardon ", un pardon dont son beau-frère lui avait dit la veille à la barre que sa famille ne pouvait lui accorder.

De sa voix posée et basse, l'accusé a affirmé " vouloir assumer le jugement et le châtiment ". Aux parties civiles, il a dit que " leur souffrance l'habitait nuit et jour ", tandis qu'à ses morts, " Flo, Caro,Titou, mon papa, ma maman ", il a demandé " pardon d'avoir brisé leurs vies " et " de ne jamais avoir pu dire la vérité ".


Ma source est http://jc.romand.free.fr/index.htm


par Marie publié dans : Le livre et le film
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Mardi 26 décembre 2006


J'ai envie de vous parler de cette histoire très troublante et difficile....

Il y a le livre et le film qui est sorti dernièrement.

Vous en avez entendu parler ?


Steve Hodel relate une enquête glaçante, " L'Affaire du Dahlia noir ", qui donne raison à la littérature tout en l'excédant.

" Signalement : sexe féminin, américaine, 22 ans, 1,70 m, 53 kilos, yeux verts, très séduisante, dents inférieures en mauvais état, ongles rongés jusqu'au sang. Le sujet a été assassiné avec une grande brutalité. Corps retrouvé coupé en deux et mutilé le 15 janvier 1947, croisement 39e Rue et Norton Avenue " (bulletin du département de police de Los Angeles, dit LAPD). Cette histoire est vraie, c'est celle d'Elizabeth Short, qui sera dès lors surnommée le Dahlia Noir (mystère, exotisme, fantasmes divers autours de la femme morte), et dont le crime restera impuni : aux États-Unis, sans doute le plus célèbre fait divers du siècle, du fait notamment de sa chirurgicale mise en scène.
Steve Hodel, chef des inspecteurs du LAPD à la retraite, apprend en 1999 la mort de Georges Hodel ; il met la main sur un petit album photo ayant appartenu à ce père prolifique et lointain (dix enfants et quatre mariages) ; à l'intérieur, des clichés de femme, dont l'une l'intrigue tout particulièrement, jusqu'à ce qu'il mette un nom sur son joli visage : " c'était elle, le Dahlia " ; trois ans plus tard, au terme d'une éprouvante recherche, il conclut 1) que son père est bien le meurtrier d'Elizabeth Short 2) qu'on peut lui attribuer dix autres " victimes probables ", entre 47 et 50. Cette histoire-là est aussi vraie que la première. Ce qui est révélé à coup de pièces à conviction dans l'Affaire du Dahlia noir ne constitue rien d'autre que la version étoffée d'un dossier d'enquête remis sur le bureau du district attorney celui-ci de répondre : " Il n'est pas peu ironique que le fils d'un des assassins les plus cruels de l'histoire de Los Angeles soit non seulement devenu inspecteur des homicides au LAPD, mais celui-là même qui devait établir la culpabilité de son père "...
Que dirait-on, s'il s'agissait d'une fiction ? Que l'auteur y va un peu fort en inventant le " mal incarné " : Hodel père, tour à tour artiste, chirurgien, psychiatre et homme d'affaires, apparaît comme une figure exacerbée de la domination, un dieu vengeur et malade qui ne mit jamais de frein à la satisfaction de ses désirs tout en préservant la plus belle des façades. Installé au coeur d'Hollywood, il fraie avec la meilleure société, d'Henry Miller à John Huston en passant par son ami intime Man Ray. Douteuse avant-garde, qui n'atteint pas toutefois au sordide de l'institution : en ce sens, la peinture des corruptions policières aurait encore pu être reprochée à un romancier, tant elle défie toute vraisemblance. Car si l'assassin n'a jamais été publiquement mis en cause jusqu'à ce jour, c'est que la vérité " avait été détruite sur ordre " ; Hodel découvre que son père fut bel et bien mis sur la sellette par un jury indépendant, mais qu'en fin de compte, averti qu'il était d'un réseau d'avortements clandestins protégé par la police, comme des maladies vénériennes du tout Hollywood, il put bénéficier de la protection du LAPD, avant de se faire oublier en Asie. Bienvenue au Daliahgate.
Évoquant sa brillante carrière et sa candeur passée, Hodel confesse : " Il n'y avait aucune différence entre moi et mon double télévisuel " des séries policières. Il lui fallut sans doute beaucoup de courage pour aller jusqu'au bout de ce livre et dévoiler le visage du père et de la famille d'accueil, le LAPD, " la meilleure police qu'on puisse acheter ". Cette exigence de vérité, l'attention scrupuleuse aux détails et la compassion envers les victimes à rebours des déflorations journalistiques font immanquablement penser à James Ellroy, qu'on ne s'étonnera pas de voir signer ici la préface. Rappelons que ce dernier avait lui-même évoqué le meurtre d'Elizabeth Short sous un angle romanesque, en y projetant celui de sa propre mère. Alors, lorsque Hodel dresse une liste circonstanciée et rationnelle des femmes isolées qui ont pu être la proie de son père, et qu'il y inclut la mère d'Ellroy, on éprouve, à simplement envisager cette possibilité, une sorte de vertige.

L'Affaire
du Dahlia noir

Steve Hodel
Traduit de l'anglais (États-Unis)
par Robert Pépin
Le Seuil, 582 pages, 23 e

La source de cette article est http://lmda.net

Le film

Adaptation du roman noir de James Ellroy sur l'histoire très populaire aux Etats-Unis, du meurtre jamais élucidé de l'actrice Elizabeth Short.

Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s’attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Betty Ann Short, a été découverte atrocement mutilée. Ce crime tient en haleine tout le pays. Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice... ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité, et avec qui ? Au-delà des apparences, l’enquête commence... Bucky et Lee vont avancer ensemble dans ce labyrinthe. Ils ne peuvent compter que l’un sur l’autre. Pourtant, au fil des découvertes et des sentiments qui s’immiscent dans l’affaire, chacun va révéler son vrai visage. Mystère, vie dissolue, secrets de famille, amours clandestines, vengeance, tous les ingrédients sont là pour que le drame se noue. Pour avoir une chance d’atteindre la vérité, chacun devra aller au bout de lui-même...

Adapté du chef-d’œuvre de James Ellroy lui-même tiré d’une histoire vraie, mis en image par un maître du suspense et servi par une distribution exceptionnelle, voici Le Dahlia Noir. Polar absolu, modèle inégalé du genre, Le Dahlia Noir nous plonge au cœur d’un univers sombre, d’une enquête où sentiments, secrets et manipulation se confondent jusqu’au plus profond de l’âme humaine.

La source de l'article est http://www.commeaucinema.com

par Marie publié dans : Le livre et le film
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