Volcan de boue

Publié le par Marie


Dimanche j'ai vu un reportage sur le problème de cette boue qui jaillie d'un volcan dont une poche a été percée par un forage de pétrole...

Toute une population sans abris....

Je n'étais pas courant de cette histoire, je fais cette article pour qu'on en parle et que cela ce sache.


A Java, des centaines de milliers de mètres cubes de boue et des gaz pestilentiels jaillissent des entrailles de la Terre. Personne ne sait comment les arrêter.

A la veille du jour de l’Indépendance, au moment de la prière de l’après-midi, un appel à la résistance se fait entendre de la mosquée de Nurul Huda. Le haut-parleur du muezzin enjoint aux habitants du village de Renokenongo Timur de se diriger en toute hâte vers l’autoroute Surabaya-Gempol. Une centaine de personnes sortent en courant de leur maison, armées de pieds-de-biche, de barres de fer et de gourdins. Les cris gagnent tout le village et ne cessent pas jusqu’à l’arrivée sur l’autoroute. Là, plus de cinquante habitants des villages voisins, Besuki et Jatirejo, sont en train de défoncer une digue avec une pelleteuse volée. Les habitants de Renokenongo brandissent leurs armes pour empêcher le sabotage. Leur avenir dépend en effet de cette digue de sable et de pierres. Plusieurs centaines de milliers de mètres cubes de boue, dépassant les toits de leurs maisons, ne cessent de s’accumuler, vomissant une infecte puanteur. Ces boues ont déjà englouti 428 habitations du village de Balongkenongo et les 700 maisons du village de Jatirejo. Si la digue est détruite, elle va envahir Renokenongo.

Cette guerre entre deux villages est juste un petit exemple de la cascade de problèmes provoqués par la boue brûlante qui, depuis le 29 mai, jaillit du site d’exploration gazière de la compagnie Lapindo Brantas, dans la circonscription de Sidoarjo, dans l’est de Java. Plus de 8000 personnes ont déjà dû fuir leurs maisons. Lorsque la boue a commencé à se répandre hors du puits Banjar Panji-1, le volume quotidien des rejets était d’environ 5.000 mètres cubes. Aujourd’hui, il a décuplé. Si le débit continue d’augmenter au même rythme, on dépassera les 10 millions de mètres cubes à la fin de l’année 2006.

Une poche de boue située à 2.700 mètres de profondeur

Trois équipes ont été formées pour tenter d’arrêter ce jaillissement de boue et de réduire son impact. Elles sont composées de représentants de la compagnie Lapindo Brantas, du gouvernement et d’un certain nombre d’experts issus d’universités de renom, telles que l’Institut de technologie Sepuluh Nopember (ITS) de Surabaya, l’institut technologique de Bandung et l’université Gadjah Mada de Jogjakarta. Toutes trois ont échoué, pour l’instant, car elles sont parties de l’hypothèse que la boue provient de fissures dans les parois du puits Banjar Panji-1. Or il pourrait s’agir en fait d’un volcan de boue. [Selon les scientifiques, ce volcan serait gigantesque. Il serait également particulièrement chaud – peut-être à cause de la conjonction de phénomènes géothermiques complexes. Les sédiments et la boue proviendraient d’un réservoir situé à 2700 mètres sous terre.] Rudi Rubiandini, membre de la première équipe, explique qu’un volcan de boue ne peut être endigué qu’en forant quatre ou cinq relief wells (puits de secours) à la fois. Tous ces puits seraient utilisés pour encercler les failles à travers lesquelles s’écoule la boue. Le problème, c’est que cette opération est coûteuse et prend du temps, et une partie des experts ont perdu tout optimisme. Je doute que l’on puisse arrêter la boue dans les mois qui viennent, estime Amin Widodo, géologue et directeur du département d’études des catastrophes à l’ITS de Surabaya. D’autres spécialistes sont d’avis que toute l’affaire est déjà une cause perdue. Rovicky Dwi Putrohari, un géologue indépendant, a écrit que le site du puits Porong-1, à 7 kilomètres à l’est du puits problématique, montrerait des signes géologiques indiquant que de précédents débordements de lave ont eu lieu dans des temps très anciens. Il ajoute que le jaillissement de boue à Porong-1 s’est produit pendant des dizaines, voire des centaines d’années.

La ville de Sidoarjo, qui compte 19 puits de la compagnie Lapindo Brantas, est la cité satellite de Surabaya, à la fois sa clef de voûte et le filtre par lequel passent tous les nouveaux arrivants. Elle connaît la plus forte croissance de population de l’est de Java. Avec près de 500 cités alentour, elle regroupe quelque 1,5 million d’habitants. Chaque matin, 700.000 d’entre eux partent travailler dans la capitale de la province. Ce rôle de Sidoarjo comme porte d’entrée de Surabaya est devenu encore plus manifeste lorsque la boue chaude a commencé à se répandre, et, comme une infection, à obstruer les principales voies de communication entre le grand port de Surabaya et les autres villes de l’est de Java. L’autoroute est pratiquement coupée, ce qui freine les exportations de produits fabriqués à Jember, Banyuwangi, Probolinggo, Pasuruan, Malang, Batu, et paralyse Sidoarjo, dont les crevettes sont connues pour leur grande valeur commerciale à l’exportation.

Ce qui inquiète le plus le maire de Sidoarjo, c’est le mois de décembre à venir, la période de l’année où les pluies sont les plus violentes. Quand les digues des bassins de retenue seront arrivées à saturation, on sera obligé de jeter la boue à la mer via le fleuve Porong, explique-t-il. Les responsables de Lapindo Brantas font la même analyse. Selon eux, plutôt que d’attendre que les canalisations de rejet soient terminées, mieux vaut utiliser le fleuve pour drainer la boue, pendant trois mois par exemple. Ce n’est pas la meilleure méthode, mais c’est la moins mauvaise, estime Bambang Istadi, chef d’exploration de Lapindo Brantas. Le problème, c’est que cette boue va détruire l’écosystème du fleuve Porong. Puis, lorsqu’elle se jettera dans la mer, elle polluera automatiquement le détroit de Madura et les eaux environnantes. Les 1 600 hectares de littoral de Sidoarjo seront également touchés par cette pollution. Laissons faire la nature, rétorque Amin Widodo. Une recette vieille comme le monde, qui laisse à la nature le soin de restaurer la vie. En attendant, les villageois qui vivent autour du site doivent prendre les armes pour repousser l’invasion de boue.

Ma source est http://www.infosdelaplanete.org


Tremblement de terre au mois de mai dernier, éruption du volcan Merapi en juin, nouvelles vagues géantes en juillet… Ces derniers temps, l’île de Java est harcelée par des catastrophes naturelles aussi rapides que difficilement prévisibles. Mais, depuis près de trois mois, un autre désastre menace l’est de l’île : une marée de boue jaillit du sol de Sidoarjo, située à 35 kilomètres au sud de Surabaya, et se déverse sur les habitations. Elle s’accompagne d’importants rejets de sulfure d’hydrogène toxique…

Tout a commencé le 28 mai 2006, lorsque de la boue a commencé à s’échapper d’un forage pétrolier mené par la compagnie PT Lapindo Brantas dans la région de Surabaya. L’entreprise a tenté d’endiguer le flot jaillissant d’une poche souterraine, mais en vain.
Trois mois plus tard, le phénomène a pris de l’ampleur, et ce sont 50.000 mètres cube qui se déversent chaque jour à Sidoarjo. A l’heure d’écrire ces lignes, une zone de 25 kilomètres carré est recouverte de vase, et plusieurs milliers d’habitants ont déjà été contraints de fuir. Outre la boue, ce sont les éjections de sulfure d’hydrogène toxique accompagnant la coulée qui inquiètent le plus les autorités. En effet, ces dernières causent des troubles respiratoires au sein de la population.

L’apparition de volcans de boue n’est pas un phénomène nouveau : en 1945, déjà, un tremblement de terre au Pakistan avait vu la formation de trois d'entre eux. Mais, par sa taille et ses rejets, celui qui touche l’île de Java est sans précédent.
La température de la boue est très élevée – près de soixante degrés Celsius – et les quantités de gaz éjectées très importantes.

On apprend dans la version en ligne de la revue Nature que le forage pétrolier serait bien à l’origine du phénomène. D’après le géologue George Delisle, de l’Institut fédéral de géosciences, il aurait atteint un réservoir de gaz et de sédiments qui, une fois connecté à la surface, aurait jailli sous l’effet de la pression. Néanmoins, ce serait des événements géologiques qui auraient catalysé le processus : le tremblement de terre qui a secoué Yogyakarta le 27 mai aurait notamment pu élargir la brèche et accroître le débit de boue.

Peut-on mettre fin à ce désastre ? Pour l’heure, aucune tentative de colmatage n’a encore fonctionné. Selon le vice-président de la compagnie PT Lapindo Brantas, Imam Agustino, le scénario le plus optimiste prévoit l’interruption du flot pour la mi-novembre. En attendant, les habitants de la région continuent à fuir…


Ma source est http://www.futura-sciences.com

Publié dans Acutalités

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Patrick 22/02/2008 11:45

Merci pour votre article. On en a bien besoin. Le monde entier semble indifférent au sort de 12000 personnes dont la vie part à la dérive. Et tant que nul n'aura trouvé de solution technique au problème, toute la région de Sidoarjo ne pourra que pourrir à petit feu... Pour ne pas parler de la corruption et des passe-droits qui rempliront les poches de certains aux dépens d'autres... Ikan Pengukir Lumpur ---

stella:0040: 25/01/2007 11:29

bonjour en passant chez toi Marie, à bientôt;

Sylviane 25/01/2007 06:48

Petit coucou du jour pour prendre des nouvelles... Tu es sous la neige ? (lol)
Bisous et à bientôt, Syl

kéline 23/01/2007 19:51

Je n'ai rien lu sur ce reportage, cette région qui est déjà si mal en point  c'est vraiment pour eux une épreuve supplémentaire dont ils n'avaient  pas besoin; dommage comme l'ont noté stella et sylviane que des analyses géologiques n'aient pas été faites avant. Toujours pour des raisons de profit j'imagine. Les victimes cette fois vont en souffrir longtemps.
bonne soirée Marie, bises

Sylviane 23/01/2007 18:01

Comme promis, me revoilà et j'ai pris le temps cette fois de lire l'article... Je n'avais pas entendu parler de cette catastrophe mais je dois dire que je suis énervée de voir qu'à l'heure où on peut envoyer des sondes sur Mars pour en analyser la surface, il est étonnant qu'on ne puisse avant de creuser des trous à des fins purement économiques de procéder à une analyse géologique de l'endroit ! Désormais, il n'y a plus qu'à attendre et je ne suis pas certaine que cela sera une consolation pour les habitants de Java !
Bisous et bonne soirée, Syl