L'évangile de Judas

Publié le par Marie

Histoire


L'Évangile de Judas est un manuscrit en papyrus de 26 pages écrit en copte dialectal, datant du IIIe siècle ou du IVe siècle (220-340 après J-C). Il fait partie d'un codex d'une soixantaine de feuillets (entre 62 et 66 suivant les sources) appelé « Codex de Tchacos », contenant aussi deux textes apocryphes : l'Épître de Pierre à Philippe et la Première Apocalypse de Jacques, qui se trouvent aussi dans les manuscrits de Nag Hammadi. Ce codex a été vraisemblablement découvert en 1978, dans les sables du désert égyptien près de El Minya.

Cet évangile a été composé dans la première moitié du IIe siècle et est en fait une traduction copte d'un texte grec plus vieux encore. Saint Irénée, évêque de Lyon, successeur de saint Pothin, en fait mention à la fin du IIe siècle dans son ouvrage « Contre les hérésies » (livre 1, chapitre 31, alinéa 1) : l'évangile de Judas y est attribué à la secte gnostique des Caïnites et considéré comme apocryphe.

Le manuscrit demeura dans un coffre-fort de la Citybank de Long Island, près de New York, aux États-Unis d'Amérique pendant plus de seize ans, ce qui en détériora malheureusement l'état de conservation. Il fut ensuite acquis par une fondation suisse en 2001, la Fondation Maecenas pour l'art ancien, qui le restaura, le traduisit et procéda à divers tests d'authentification, dont la datation au carbone 14.

Le texte présente une interprétation originale de la trahison de Jésus par Judas, un de ses apôtres : tu les surpasseras tous, car tu sacrifieras l’homme qui me sert d’enveloppe charnelle. En dénonçant Jésus, il serait le seul de ses disciples à avoir vraiment compris le message qu’il voulait véhiculer. Disciple bien aimé de Jésus, il aurait eu la plus difficile des missions à accomplir : le livrer aux Romains. En agissant ainsi, il aurait donc suivi une demande de ce dernier, qui lui permit de faire le sacrifice ultime pour la rédemption du monde.

L'Évangile de Judas a été publié en 2006, par National Geographic et exposé à Washington avant de retourner définitivement au musée copte égyptien du Caire. Le lancement du texte intégral, à Pâques 2006, a été accompagné par des ouvrages grand public racontant l'histoire de la découverte de l'œuvre.

On peut noter le jugement d'Épiphane de Salamine qui, dans son Panarion (1,31), affirme que cet "évangile" fait partie des écritures de la secte gnostique des Caïnites. Il réagit à l'apologie que cet écrit fait de Judas en s'appuyant sur le texte des évangiles canoniques, eux-mêmes fondés sur une lecture prophétique de l'Ancien Testament. Or, certains gnostiques avaient précisément comme règle herméneutique de détacher le Nouveau Testament de ses racines juives. C'est certainement le cas de l'évangile de Judas : en justifiant Judas, ils mettent à mal tout ce que les chrétiens ont compris du drame de l'apôtre à partir de leur méditation des livres prophétiques et des psaumes. C'est pourquoi le caractère chrétien de l'Évangile de Judas est contesté.

Cependant, il ne faut pas oublier que Judas, d'après tous les évangiles chrétiens et apocryphes, a joué un rôle décisif dans le déroulement de la Crucifixion, et donc au niveau de la réflexion théologique, il est légitime que l'on se pose la question de la sanction de sa participation à cet événement fondamental du Christianisme.

Ma source est www.wikipedia.org

 


 

Près de 2.000 ans après avoir semé la discorde entre les premiers chrétiens, "l’Evangile selon Judas", du nom de l’apôtre qui a trahi Jésus, a refait surface en Suisse où il est en cours de traduction.

Le manuscrit en papyrus de 62 feuillets écrits en copte dialectal, l’antique langue des chrétiens d’Egypte, devrait paraître en allemand, anglais et français dans environ un an, a indiqué mardi la Fondation Maecenas pour l’art ancien.

"Nous venons de recevoir les résultats des tests de datation au carbone 14 : le texte est encore plus vieux que nous ne le pensions et remonte à une fourchette comprise entre le début du IIIème siècle et le début du IVème siècle", a expliqué à l’AFP le directeur de la Fondation bâloise, Mario Jean Roberty.

L’authenticité de cet évangile

L’existence de "l’Evangile selon Judas", dont l’original était vraisemblablement en grec, était attestée par le premier évêque de Lyon, Saint Irénée, qui vers le milieu du IIème siècle l’avait dénoncé dans un texte contre les hérésies.
"C’est la seule source claire qui permet de savoir qu’un tel évangile a existé", selon M. Roberty, qui n’a pas voulu se prononcer sur le contenu du texte avant sa publication. "Nous ne voulons pas encore révéler le côté exceptionnel de ce que nous avons entre les mains".

Selon la tradition, Judas a livré Jésus aux Romains qui le mettent à mort sur la croix. Pris de remords, il se serait pendu. "Il ne s’est en tout cas pas pendu dans son évangile", ironise le spécialiste.
Le mystère reste entier sur le ou les véritables auteurs de l’oeuvre.
"Personne ne peut affirmer que Judas en personne l’a écrit", note M.  Roberty, ajoutant que les autres évangiles ne sortent probablement pas non plus de la plume de leurs "auteurs" supposés.

Au Concile de Nicée (Turquie) réuni en 325 à l’initiative du premier empereur romain chrétien, Constantin, l’Eglise naissante a limité à quatre les évangiles transmettant l’enseignement du Christ. Seuls les textes attribués à Marc et aux apôtres Jean, Luc et Matthieu ont été retenus.

Mais une trentaine d’autres textes, dont certains sont connus, ont été écartés "car ils étaient difficilement réconciliables avec ce que Constantin voulait avoir comme doctrine politique", observe M. Roberty.
Par contraste, le texte de Judas "remet en cause certains principes politiques de la doctrine chrétienne", ajoute M. Roberty, un avocat passionné d’histoire de l’art.

Une réhabilitation de Juda

Il permet aussi une certaine réhabilitation de Judas, qui a pendant des siècles cristalisé sur son nom l’accusation de "déicide" proférée par l’Eglise à l’encontre du peuple juif.

"J’y vois un élément très positif car la figure de Judas est une des justifications du christianisme dans sa vision antisémite", affirme M.  Roberty.
L’origine du manuscrit est mystérieuse. Après sa découverte en moyenne Egypte dans les années 1950 ou 1960, il aurait fait un bref passage en Suisse avant de dormir dans un coffre-fort aux Etats-Unis pendant 20 ans. Ce n’est qu’à la fin des années 1990 que son contenu a été établi et le manuscrit racheté par Maecenas en 2001.

Après avoir restauré le document, le travail d’analyse et de traduction a été confié à une équipe de coptologues dirigée par le professeur Rudolf Kasser, un retraité de l’Université de Genève.

La fondation Maecenas, qui s’efforce de protéger les découvertes archéologiques dans des pays pauvres, a prévu d’organiser des expositions et un film documentaire autour de la publication de l’ouvrage. Le lancement du texte intégral, à Pâques 2006, sera accompagné par des ouvrages grand public racontant l’aventure de la découverte de l’oeuvre.

Ma source est http://www.ilfautlesavoir.com

Publié dans Acutalités

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Flo 04/12/2006 23:12

Une explication souvent apportée a l'écartement des apocryphes du texte retenu à est plus une datation qui date pour la majeure partie d'entre eux du second siècle, tandis que les évangiles retenus à la suite du concile de Nicée  datent des années 70 environ.Texte très intéressant (je l'avais déja lu néanmoins, je suis un inconditionnel de Wikipédia), et ca fait très plaisir de trouver des blogs qui surpassent largement la grande majorité du la blogosphère, et qui sont malheureusement trop peu connus.

Marie 05/12/2006 21:09

Hello Flo,Quel plaisir de te lire...Merci pour ta visite sur mon blog....A très bientôt

didine 02/12/2006 20:49

Je le bouquine en ce moment et voulais faire un article un de ces jours ........... pas évident comme lecture mais hyper interessant...  On lit ensuite la Bible sous un nouvel angle et on comprend pourquoi tous les textes parlant de JUdas ont été écarté du grand public ........Bon we à toi.Tu vas bien ?Bisous

henri 02/12/2006 12:14

J'ai connu un vieux ami à mon père, d'origine israélite, qui portait ce prénom! Lourd à porter dans l'inconscient collectif! Quand on vois que tout ces documents, même les plus anciens, ont été écris, plusieurs siècles après de prétendus évènements, et quand on sais également que plusieurs témoins directs d'un évènement, donnent souvent une interprétation différente, ça laisse rêveur sur la vérité historique!