La reconstruction

Publié le par Marie


Nous avons vu précedemment l'importance de parler et de porter plainte. Mettre des mots sur le vécu est le point de départ de la reconstruction.

Celle-ci pourra prendre des mois, voir des années. La victime de tels actes doit réapprendre à faire confiance, et à se faire confiance. Différents passages se succèderont dans ce cheminement comme la colère (quelque fois même la haine), le désemparement le plus total, l'acceptation, le désir de renaître...

Il est souvent indispensable de se faire accompagner dans cette démarche par un psychologue ou un psychanalyste, même si l'on en voit pas l'utilité. Une psychothérapie ne "fait pas oublier" comme certaines personnes le pensent, mais elle permet de reconstruire sur ce qui a été détruit. Suite à ces actes, les victimes ont généralement de grosses difficultés à s'épanouir dans leur sexualité. Elles ont des blocages, refusent quelquefois tout désir même le leur. L'acte sexuel devient alors une situation qui leur rappelle ce qu'elles ont subi. Les comportements d'évitement sont des réactions post-traumatiques destinées à les protéger de la souffrance ressentie jadis. Le sentiment de culpabilité joue un grand rôle dans ce genre de traumatisme et ses conséquences, et la victime devra progressivement s'en libérer pour mener à bien ce travail psychologique. Il faut comprendre que rien ne justifie un viol, que le comportement de la victime n'est jamais la cause de l'agression, puisque le violeur nie la personnalité de sa proie qui est seulement pour lui l'objet destiné à assouvir son désir, et non un individu. Il ne laisse pas le choix à sa victime, il obtient ce qu'il veut grâce à la violence, la contrainte, le chantage ou grâce à une manipulation psychologique très bien menée.

Cette manipulation a souvent pour but de laisser penser à la victime qu'elle a choisi ce qui s'est passé, se déchargeant ainsi de toute responsabilité devant son acte. Ce n'est rien d'autre en réalité qu'une manoeuvre de sa part, qui peut aussi se dérouler sans aucune violence physique. Le sentiment de honte qui en découle est classique, et vraiment surréaliste quand on sait ce qui précède. Il est donc fondamental que chaque victime puisse affronter et revivre cet épisode dans un cadre thérapeutique (pour ne pas être seul et pour être guidé) afin de s'en guérir et de ne plus l'éviter (occulter un traumatisme ne le résout jamais) Même si ce travail demande beaucoup de courage, de patience envers soi et de disponibilité, il sera bénéfique à long terme.


Publié dans Maux

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kéline 19/11/2006 09:28

bonjour Marie,tout ce travail d'explicitation  que tu fais,  tu le fais pour toi mais surtout pour les autres, car si le chemin est long, si les états de doute et de désorientation peuvent subsister ou se reproduire, en ce qui te concerne tu as fait le bon choix : seul un accompagnement psychologique peut faire que l'ancienne victime sorte de sa condition de victime.Bon dimanche Mariebisous

stella 18/11/2006 20:31

Bonjour Marie, 3ème du nom sur mon Blog ! Merci d'être venu me faire une petite visite.
Je pense que ton Blog n'a rien à envier au mien, il est très bien. J'espère que nous nous visiterons à nouveau et te souhaite un bon dimanche.
Amicalement,

Le Loup 18/11/2006 18:57

La reconstruction prend toujours trop de temps. Se faire aider la rend moins difficile.

llgenn 18/11/2006 11:22

La première démarche de toute reconstruction, après avoir été victime d'une agréssion sexuelle, est de loin, celle qui consiste à aller raconter son histoire aux autorités judiciaires... Et même si elle est difficile, douloureuse, impensable parfois, elle est indispensable... Etre reconnue dans l'immédiat comme victime, (ou plus tard, même des années après) c'est 50% de la reconstruction qui se fait sur l'instant. Elle soulage, elle apaise, (elle débouche) et elle offre à l'esprit l'ébauche et l'armature d'une vérité qu'aucune victime n'a la force et la logique de construire seule...
Ensuite... Ensuite oui ! Oui c'est le soutient psychologique... Ca peut aussi être le soutien d'une association composée de femmes qui ont vécu ont traversé le même enfer, et qui connaissent les mots ET les silences... Elles décodent ! Et si le soutien psychologie exige une démarche parfois très difficle à faire, parce que seule, alors peut-être que dans un premier temps, il suffit de retrouver ces femmes, qui n'exigent aucun mots, aucune explications... elles sont là... Patientes, avançant au rythme de vos pas...
Ce que je souhaite aussi rajouter c'est qu'il est important ; Ne pas rester dans un état "végétatif " de victime. C'est aussi la condition siné qua non, pour pouvoir relever les yeux et re voir le ciel bleu... Parce qu'en restant dans cet état végétatif, on reste victime à vie, de tout...
Du courage aux lectrices et lecteurs concernés et plein de coeur.. tout le mien pour elles pour eux...
Laurence