Cher oncle Georg

Publié le par Marie

J'ai découvert cette histoire hier dans une émission et j'ai été très touchée par ce témoignage. Je vous laisse découvrir...

La dédicace de l'auteur

A l'origine, je voulais juste connaître mes racines. Mon intention était d'écrire cette histoire pour mon fils. Mes recherches généalogiques m'ont permis de retrouver un lointain cousin qui habitait à Bockenheim, dans le Palatinat. Je lui ai écrit. Il m'a répondu très rapidement et nous avons tissé des liens affectueux qui me comblaient de bonheur. J'admirais et respectais cet homme attentionné et cultivé. Tout a changé lorsque j'ai un jour découvert avec effroi le nom du docteur Georg Renno mentionné comme responsable de la mort de milliers d'innocents, un criminel de guerre nazi au service d'une idéologie. Passé le choc initial et malgré toute la souffrance qu'implique une telle découverte, j'ai décidé d'écrire ce livre, dans la mesure où quelque part le devoir m'incombe de dénoncer ces actes et cette impunité par respect pour ceux qui laissèrent leur vie là-bas.
L'écriture et la sortie de ce livre sont à la fois un soulagement après des années de travail mais également une angoisse car c'est pour moi une lourde responsabilité de livrer le docteur Renno aux lecteurs. Il y a l'oncle Georg que je garde pour moi et le docteur que je livre au public. C'est à mes lecteurs de juger et de faire le travail que la justice n'a pas fait.

Mireille Horsinga-Renno


Les gens heureux n'ont-ils vraiment pas d'histoire ? C'est en cherchant à renouer les fils d'une généalogie dispersée que Mireille Horsinga-Renno s'est trouvée | brutalement confrontée à une histoire de cendres, de | terreur et de honte, mêlant les secrets de famille aux 5 sanglantes exactions du IIIe Reich. Printemps 1940. Son grand-oncle, le docteur Georg Renno, est nommé au château de Hartheim (Autriche), où se trame l'une des pages les plus abominables de la folie nazie, le Programme T 4 : l'élimination massive des personnes handicapées, dont la vie est jugée «inutile et improductive». Avec sa chambre à gaz et son four crématoire, le château de la mort va peu à peu devenir une annexe du sinistre camp de Mauthausen. Des dizaines de milliers de personnes disparaîtront entre ces murs, où l'État SS expérimente méthodiquement l'euthanasie à échelle industrielle.

Quand, trente-cinq ans après la fin de la guerre, Mireille retrouve la trace de ce parent jusque-là inconnu, celui-ci coule une heureuse retraite dans la verdoyante Rhénanie. Comment croire que ce vieillard cultivé et si attentionné - qui mourra impuni en 1997 - est le médecin nazi qui fut directement responsable de la sélection et de la mise à mort de milliers d'innocents ? Cherchant à comprendre les ressorts intimes de ce Janus déroutant, Mireille se lance alors dans une éprouvante enquête sur la barbarie ordinaire, mais aussi sur les silences coupables de l'après-guerre. Son livre courageux et sensible, écrit en mémoire des victimes du grand-oncle adoré puis rejeté, est une bouleversante victoire contre le silence et l'oubli.

Mireille Horsinga-Renno est née en 1947 à Strasbourg. Son père était l'un des cent trente mille Alsaciens et Mosellans français incorporés de force dans la Wehrmacht après l'annexion de leur région en 1940 par l'Allemagne nazie. Elle a travaillé comme secrétaire dans les services économiques de l'ambassade de France en Allemagne, puis est revenue s'établir dans sa région natale.

Les premières lignes
Les cendres du jour

De la haute cheminée du château s'échappe une épaisse fumée noire. Depuis des heures, les volutes se répandent à des kilomètres à la ronde. «L'odeur de la chair brûlée», songent les habi­tants du village, qui voient chaque jour ces lourdes fumées cendrées envahir leur ciel... Celui d'Alkoven, en Autriche.
Parfois, des touffes de cheveux ou de poils se mêlent au panache qui sort de la cheminée, et vont se déposer dans les champs, les prés -jusque sur les parterres de pensées jaunes et blanches et sur les iris, dans les jardins des envi­rons. Parfois encore, l'ombre portée par le vent, mêlée aux cendres crachées par la cheminée du château, entre dans les foyers, s'infiltre dans les poumons, pénètre les consciences.
Alors, les habitants d'Alkoven, révulsés, calfeutrent hermétiquement portes et fenêtres, pour éviter que les exhalaisons morbides ne s'in­filtrent dans leur paisible intérieur. Ils colmatent tous les interstices, afin que les cendres ne se déposent pas sur leurs meubles - et ils se tassent chez eux, verrouillés à triple tour derrière le fragile écran de leurs certitudes, qui partent en poussière en dépit de leurs efforts et prennent peu à peu le goût de cendres de l'irréparable.
Pour ces paisibles villageois autrichiens, les gens du château sont des fanatiques, des étran­gers venus d'Allemagne, qu'il vaut mieux laisser entre eux. Si l'on veut éviter les ennuis, il faut surtout ne pas se mélanger à ces gens-là ! Les pires bruits courent sur ce qui se passe au château. Surtout, surtout préserver une zone d'innocence. Ils ont trop peur de savoir.
Chaque fois que survient un long autobus Mercedes gris, aux vitres teintées ou obstruées par des rideaux, il ne faut pas longtemps pour que la cheminée du château déverse ces épais nuages noirs, et cette pénétrante odeur de mort. Parfois, il arrive trois bus par jour. Et tous repar­tent vides. Comme un jour d'hiver sans âme, sans lumière ni espoir...

Ma source est www.passiondulivre.com


 



Publié dans Livres

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

jacques danyels 14/11/2006 22:34

 ça craint .... Parfois, ne cherchons pas d'où nous venons, l'avenir aura des chances d'être meilleur .

Henri 14/11/2006 21:14

Comme le dit Christophe Bataille, la barbarie n'est pas inscrite dans les gènes! Mais il y a quand même malgré tout, de mon point de vue, la mémoire collective! Et je crois bien que d'une façon ou d'une autre, nous tirons nos informations de cette mémoire, pour recommencer et toujours recommencer nos erreurs!

Marie 14/11/2006 22:28

Hello,Merci à tous pour vos messages....Oui cette histoire est très forte et touchante. Cette femme a beaucoup de courage et de force...A très bientôt au plaisir de vous lire...

christophe 14/11/2006 20:12

bonsoir !
christophe bataille ecrivait : fort heureusement  la barbarie n'est pas inscrite dans les gènes...
 
ho oui fort heureusement , sinon, yen aurait pleins qui auraient du soucis  a se faire.........
merci marie pour tes témoignages toujours tres fort !
et toi comment vas tu??? je ne suis pas tres present  en ce moment , mais dieu que je traverse des moments diffciles...il faut tout gérer et il m'arrive d'etre à bout ,et nerveusement et psychologiquement ! c'est humain me direz vous...mais ; ca fait beaucoup pour  1 seul homme...
je t'embrasse marie !
 

domi 14/11/2006 18:09

Le dilem a dû être terrible pour cette personne de faire cette découverte, mais je pense qu'elle a bien fait d'écrire ce livre c'est un moyen aussi de partager son fardeau. bonne soirée @+

gaiia 14/11/2006 14:14

brrrr j'en ai des frissons, quelle histoire, comme quoi, oui, il y a de l'espoir, la barbarie, si certains en doutaient, n'est pas transmissible par les gènes !