Ma génitrice

Publié le par Marie

Cela fait tellement longtemps que je n’est plus dit maman, que c’est  très étrange de le dire. Si je t’écris aujourd’hui, c’est que j’ai besoin de te dire des choses difficiles et remplie de souffrance. Le besoin de comprendre, les questions, les silences, les secrets tous cela sans paroles, je ne peux pas l’accepter. Donc je veux comprendre, pourquoi tu te détruis, tu te vide ? Tu es rongée de l’intérieur.

Aujourd’hui je suis une adulte et plus une enfant, je veux comprendre pourquoi tout se gâchis ? Tu n’as JAMAIS réagis, quand ton mari me frappé, abuser de moi, pourquoi ?

Je pense que tu as fais des enfants parce que il le fallait, et que se fut toujours un calvaire puisque au fond de toi tu ne voulais pas d’enfants. Je suis convaincu que l’éducation que tu as reçu ta détruite, trop sévère, sectaire, violent, abusif.

Il est temps de me dire si dans ton enfance tu as été violée ? pour moi il n’est pas possible d’être comme tu es, si froide, distante, sans amour, sans avoir été détruite dans ton enfance.

Mes sentiments pour toi son très dur, un mélange de haine et d’amour mal sain. Je te méprise, je suis en colère contre toi, tu n’as pas su faire un travail sur toi, te rendre compte des dégâts que tu aller causé ! Pourquoi tu as marié à cette homme que je déteste ? Dans les souvenirs que j’ai, tu le méprise à un tel point que tu m’as élevé dans la haine de l’homme, du père. Je ne le considère pas comme mon père mais plutôt comme mon frère handicapé. Pourquoi autant de haine ? Je me souviens très bien quand tu lui acheter des livres sur la guerre (1939-1945), les camps de concentration, Hitler, les tortures, il adorait me dire si tu es méchante je te mets la tête entre l’étau et bien d’autres.

Pourquoi quand je voulais t’aider pour le ménage tu me disais : Non je le fais moi-même ! Et que quand tu avais terminé tu me disais : Tu aurais pu m’aider ! Tout cela aurais pu me rendre folle, toujours le contraire, jamais bien, tu voulais me garder dépendante de toi à vie. Tu as détruit tes enfants, tu as cassé les liens que nous avions, aujourd’hui je n’ai aucune relation avec mes sœurs et je connais très peux mon frère.

J’ai toujours eu l’impression que tu n’avais qu’un seule souhait c’est de mourir, est que tes enfants étaient un fardeau.

Publié dans Ma mère

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Stéphanie 04/04/2010 01:31



Bonsoir Marie,


C'est par hasard en recherchant des informations sur la vie de Marie, mère de Jésus, que j'ai découvert votre blog.


Moi qui suis, enfin qui essaie en tout cas, d'être la plus aimante des mamans je suis profondément touchée par votre souffrance d'enfant et bien sûr d'adulte ayant fait le "deuil" de cette maman
qui n'en était pas vraiment une ...


J'espère de tout coeur que d'autres figures maternantes consolent votre enfant intérieur et que vous réussirez à trouver la paix avec votre douloureux passé,


Très Amicalement,


Stéphanie



Jj 24/04/2009 12:49

Il est des parents qui s'aiment avant le mariage et qui découvrent au fil du temps que leur rêve est devenu un véritable cauchemar ; je suis peut être mal placé pour en parler, mais je suis très proche de ma mère. Il a fallu attendre le décès de mon père pour que je sache enfin qui était réellement ma mère et quelle souffrance elle avait vécu auprès de cet homme qui fut mon père. Rester avec l'image d'un homme qu'elle avait aimé avant le mariage et comprendre l'erreur après... Le mutisme de ma mère a été parfois difficile à vivre, mais j'ai compris avec le temps qu'elle faisait en quelque sorte une barrière entre lui et nous ! Si elle était partie, si elle s'était opposée, nous serions alors devenus des cibles... des cibles à sa folie, à sa dureté, à sa violence. Ma mère n'est pas quelqu' un de très maternelle, mais elle est quand même ma mère. J'ose espérer qu'un jour tu comprendras ta mère, sans pour autant pardonner son silence et son inaction...Amitiés,Jj 

sandy 15/12/2006 15:35

Bonjour, je suis en train de parcourir ton blog...ouf!ouf! je suis un pneu ésoufflée...lol
Ben, dit donc...tu as beaucoup à livrer...nous avons pas mal de point commun. c'est ce qui m'a surprise.
Continue à écrire nan, seulement tu écris bien, mais cela permet de vider ton sac et s'est super.
La route est longue...mais qu'est ce qu'elle est belle...
Au plaisir Sandy

coquelicot 17/10/2006 15:00


Marie,

Je ne commenterai pas les comm de clem et de chat ... grrrrr et beurkkk !

Juste une question : As-tu lu Alice Miller ?

Son analyse de la "pédagogie noire" est très instructive : d'un coup il m'est apparu que le 4ème commandement " Tu honoreras ton père et ta mère" n'avait pas lui (je laisse le lapsus, je voulais écrire "lieu") d'être dans ma vie !!!
Je n'ai pas eut de mère, encore moins de maman ... juste une génitrice ... aujourd'hui je sais la remercier d'avoir été cela ... juste cela ! Parce que j'aime ma vie, même si elle est difficile et douloureuse parfois ... seulement parfois !
Pour le reste .... ses blessures ne l'autorisaient pas à faire de moi un souffre-douleur !!!!

Il est des personnes qu'il faut fuir ... car JE suis impuissante à les changer et parce qu'elles sont TOXIQUES !!!
Il n'y a que sur moi, et sur (le sens de) mon histoire, que je peux travailler ... Que ferais-je de ce qui m'est arrivé ? voilà la vraie question ... parce qu'il n'y a pas de réponses à tous mes "pourquoi ... ?"

Il est des renoncements douloureux mais nécessaires ... pour vivre enfin ... et ne plus seulement survivre comme tu le disais avec tant de pudeur dans "ton" émission ...

Je t'embrasse fort Marie

domi 05/10/2006 15:25

Quand tu seras guérie, tu pourras regarder ta mère en face et lui dire toute ta souffrance, c'est alors que tu pourras déposer ta peine  et recommencer à vivre ... Il n'est jamais trop tard pour le faire ; c''est seulement à 40 ans que j'ai pu parler avec ma mère et  lui dire tout ce que je ressentais et tu verras on en sort toujours plus forte. Tu as déjà fait un grand pas et il faut que tu persévères pour aller au bout du chemin et de la délivrance. Bon courage